Le 22 ième TRAID, le Traid des Chefferies, vient de se dérouler le week-end des 12/13 et 14 mars 2010. Comme
chaque année, il a réuni 4x4, motos et quad dans une épreuve touristique et sportive qui mêle orientation, consommation, agilité et rapidité au volant.
Sa notoriété dépasse largement le petit monde des expatriés du Cameroun, et voici pourquoi :
J1 Vérifications et briefing :
La journée du vendredi est consacrée aux vérifications techniques et au stickage des véhicules. La partie
technique consiste à enregistrer le type moteur (diesel ou essence, turbo ou non, cylindrée) afin d’en calculer un coefficient qui sera plus ou moins avantageux pour la partie « épreuve de
consommation ». La plupart des 4x4 sont des véhicules de fonction, à la finition luxe, de série sauf les pneus mixtes. La journée passée au service rapide de Tractafric sera l’occasion de
faire connaissance avec les piliers de l’organisation : Wadih ASSAAD importateur Continental, Mauro BATTISTELLA importateur Pirelli (comme son nom l’indique)… mais aussi avec quelques
concurrents qui sont pour certains des Européens installés au Cameroun depuis des années, pour d’autres des cadres expatriés en mission pour 1 à 3 ans qui ne connaissent du Cameroun que les
plages de Limbé ou Kribi, pour finir il y a heureusement quelques Camerounais inscrits. Pour tous, on peut imaginer que ce Traid sera une vraie aventure mais qu’ils savent encadrée par le Club
Sportif Automobile du Littoral, organisateur du Rallye du Cameroun qui se déroulait dans les années 80 à l’image du Safari Rally ou du Bandama.
Le soir, nous avons tous rdv pour le briefing, la remise des documents (road book, carte au 200 000ième…), la
pression monte pour ceux qui visent la victoire et pour ceux qui n’ont jamais mis les roues hors des rues de la capitale économique.
Yann (mon copilote du moment) et moi sommes décidés à faire le maximum pour remporter l’épreuve aussi nous
préparons GPS, ordi embarqué chargé de cartes, de google earth, et même curvimètre…. Pourtant le secret de la réussite dans l’épreuve d’orientation n’est pas là…
J2
Navigation :
debout a 4h30 pour être à la sortie d Edéa pour le début des épreuves, il faut d abord effectuer un parcours
routier en convoi d une longueur précise de 45 km, ceci afin d étalonner les compteurs de tous les véhicules participants ; auto moto et quad, l
astuce consiste à couvrir la plus longue distance possible sur ces 45 km, soit : utiliser à chaque fois l extérieur du virage, zigzaguer est interdit, les comportements dangereux aussi –
rouler au Cameroun l est assez comme ça- il faut donc se contenter de notre cote droit de la route
Les km parcourus par chaque véhicule sont enregistrés par l
organisation qui nous lâche ensuite dans la nature pour env. 350 km de routes et pistes a travers la foret primaire puis la plaine de la Sanaga et du
Mbam constituée de savane qui abritait il y a peu encore éléphants et hippos – certains doivent s y cacher encore mais trop peu nombreux- de très beaux paysages, des pistes faciles mais qui
demandent de l attention – piétons, motos, taxis- pour ne pas finir dans les bas cotes
Ici pour gagner quelques hectomètres –puisque celui qui parcourt le moins de km remporte cette épreuve- il faut
couper systématiquement toutes les trajectoires et même tirer tout droit dans les saignées ; bourbiers …. On estime à 1 pour 100 le gain sur la longueur…
Les moyens modernes de localisation, gps couplé à une cartographie sur pc ou google earth sont utiles mais pas
suffisants pour trouver la bonne piste, la bonne coupe qui fera gagner 1 a 10 km sur les adversaires, en effet les ponts coupés, les pistes disparues ou inutilisables sauf en moto, les arbres
tombés, font qu il faut absolument s arrêter souvent, discuter avec les utilisateurs des pistes ; bend-skin (motos taxis) et taxis, villageois pour savoir si la coupe espérée est valable, il
faut aussi recouper ces infos avec d autres villageois, savoir interpréter les réponses fournies, c est véritablement un art que mon copilote du moment maîtrise et visiblement il se régale à
palabrer comme ça – moi aussi - car les gens rencontrés sont souriants et serviables il suffit de les saluer, de les remercier pour que le courant passe à merveille, bien sur certains essaient de
monnayer leur renseignement – c est de bonne guerre- mais ils ne sont pas insistants
La navigation, un peu trop facile a notre goût qui avons l habitude
d utiliser gps etc. et qui savons lire carte et terrain pose rapidement des soucis aux participants avec quelques erreurs qui se paieront chers au
final,
grosse chaleur dans la plaine, env. 36 °C et comme je n aime pas rouler sur la piste avec la clim … nous
avons eu chaud et sommes repeins en rouge latérite ;
Ce seront environ 6 heures de pistes que nous aurons parcouru avec une coupe trouvée dans les derniers 25 km qui
nous permettra – on l espère – de gagner 10 km sur nos adversaires. A priori, personne n aurait emprunté cette piste étroite et difficile avant nous – tous les villageois nous l avait déconseillé
à cause de sa difficulté- mais aucun classement n est communiqué le soir même et la pression est pour demain ; il faut ne pas être trop mauvais
en consommation avec le Pajero did long boite auto prêté par Tractafric et gagner le spécial
task ;
A l hôtel, pas d eau courante ce soir la, on se lave en utilisant un broc et en
puisant dans un grand seau …
Lors du repas du soir quelques fuites tout de même on sait que
la conso se passe autour de Bangangté donc ça sera très vallonné avec de fortes montées et des
descentes ou on ne pourra pas couper le moteur à cause de la boite auto …. Donc on sait déjà qu il faudra limiter la casse sur cette épreuve.
J3 consommation et vitesse :
Les pleins sont faits à ras bord – ça doit déborder même- et les réservoirs scellés, on part pour 65 km de pistes au road book qui serpentent entre les champs et les plantations d acacias qui sont une réserve de poteaux pour la sonel
(électricité du Cameroun)
Paysages superbes et températures idéales avec une 20aine de degrés qui font vite oublier les plus de 30 et l
humidité de Douala
Retour a la station ou le plein est fait à nouveau, on en déduit donc les consommations
Comme prévu ; on est moyen dans cette épreuve avec 8 l consommés – un savant calcul mêlant cylindrée et type
de carburant utilisé sert à pondérer la performance économique- et loin des meilleurs qui tournent autour de 4 l en coupant le moteur dans les descentes et partout ou c est possible
Au moment du repas on apprend que a priori nous aurions remporte l épreuve d hier avec quelques km d avance sur
les seconds, ensuite les 10 premiers se tiennent en quelques km et pour certains en quelques centaines de mètres
La navigation a un coeff de 2, le special task de 1,5 et la consommation de 0,5 :
Il ne nous reste plus qu a gagner la spéciale notre numéro 60
nous fera partir en dernier, pas bon pour la pression mais idéal pour la motivation ;;;
C est un tracé court mais varié que nous a tracé Wadih, marches en descente, en montée, dévers, puis une portion
rapide et sinueuse sur la latérite, la vitesse reste basse mais les conducteurs les plus rapides font faire souffrir ces 4x4 de série, les autos les plus adaptées ici sont des châssis moyens équipés de moteur essence et logiquement ce sont les 2 Grand Vitara qui sont devant, notre tour vient
avec –avant le départ – la demande clairement formulée de la part de Tractrafric : gagner devant leur concurrent et donc tout simplement de remporter l épreuve, contrat rempli avec 1 min 35 pour 1 mn 37 pour le meilleur des Suzuki, toute l équipe Mitsubishi ne cache pas sa
joie de voir un Pajero gagner cette année, on peut supposer qu ils exploiteront au mieux ce résultat dans leurs publicités, journal interne, à la tv
ou dans les journaux…
Retour a l hôtel pour une douche express au seau d eau fraiche puis les 150 a 200 personnes se réunissent pour la
remise des prix avec le classement officiel, le repas de clôture …
excellente ambiance pour ce final !
remise des prix superbe, tous les participants sont récompensés et pour les meilleurs, de beaux cadeaux et
trophées qui changent des sempiternelles coupes, certains gagnent vélos et même billets d avion pour la France ou le Maroc avec nuits d hôtels !
Bien entendu je n’oublie pas ce qui fait le sel de cette épreuve : les premiers (auto-moto-quad) 2010 ont le
redoutable honneur de devenir les organisateurs du Traid de l’année 2011, donc….à l’année prochaine !
Participer au TRAID 2011 vous tente ? nous pouvons vous y inscrire et vous faire découvrir, par la même occasion,
le Cameroun au cours d'un raid -aventure de 10 à 15 jours.
Pour tout renseignement: 06.84.84.36.08